Actualité : 2 octobre 2016

SCIENCE : Les traitements hormonaux de ménopause (THM)
accusés de déclencher des cancers du sein
*Plusieurs articles sont récemment parus dans la presse anglo-saxonne, notamment dans The Guardian, pour pointer du doigt les effets délétères de ces traitements.*

Rappelons que ce risque à été démontré formellement en 2002 par l'étude WHI, dans les résultats avait été suivi d'une chute impressionnante de la vente de ces traitements. Cette augmentation du risque de cancer du sein, bien que modeste (40 %), avait justifié l’interruption de l'étude.

Avec ces nouveaux résultats, le risque est devenu beaucoup plus important puisque pouvant atteindre 300 %.
Ainsi une femme prenant ce traitement depuis plus de 15 ans aurait un risque de cancer du sein trois fois supérieur à celui d'une femme qui n'en prend pas. Bien que contestés et contestables, ces résultats sont corroborés par la chute de l'incidence du cancer du sein en France et aux États-Unis depuis 2005, en lien avec la baisse de prescription de ces traitements.

De quoi s’agit-il exactement ? Ces THM sont proposés aux femmes qui ont du mal à apprivoiser les symptômes pénibles de la ménopause. Bouffées de chaleur, sécheresse vaginale, sueurs nocturnes, troubles de l’humeur, insomnie ( et donc fatigue ) font partie du cortège de cette phase de la vie hormonale féminine. Sans parler de l’ostéoporose et des affections cardio-vasculaires. Pour faire face à ces désagréments, des traitements de confort se sont développés baptisés « traitement hormonaux substitutifs ». L’objectif : remplacer les hormones naturelles défaillantes, en associant des œstrogènes ( à doses faibles ) et des progestatifs pour soulager des symptômes.

Mais le revers de la médaille, c’est le risque de cancer du sein. L’incidence de cette maladie augmente de 170% par rapport aux femmes ménopausées qui ne reçoivent pas de THM. Les chiffres parlent d’eux mêmes : aux Etats-Unis, l’année où on a déconseillé le recours aux THM, en 2004, le nombre de cancers du sein a diminué de moitié. Par ailleurs, une étude du NICE (National Institute for Health and Care Excellence) a porté sur près de 900000 prescriptions de THM et a confirmé le triplement du risque de cancer du sein chez les femmes qui ont suivi le traitement pendant 15 ans ( le risque serait déjà multiplié par 1.7 à 6 ans ).Toutefois, chez les femmes qui ne prenaient que des œstrogènes, non combinés, le risque de cancers du sein semble identique à celui des patientes non traitées. Une fois de plus, on constate l’innocuité des œstrogènes, dès lors qu’ils sont isolés !

Conclusion : il faut donc éviter de prescrire ces hormones pour ne pas méconnaître de petits foyers carcinomateux dont le traitement stimulerait le développement. Si vraiment elles s’avèrent nécessaires, elles doivent être prescrites à de faibles doses, pendant une durée limitée, sous surveillance clinique et radiologique, et après avoir averti les femmes des dangers. Et bien évidemment, la prescription doit être remise en cause tous les ans.

Curieusement, la presse française ne s’est pas fait l’écho de ces intéressantes investigations ! A méditer...